La courbe de Laffer des droits de douane

20 janvier 2026 Charlotte

Les chiffres sont spectaculaires, presque trompeurs. En décembre, 27,9 milliards de dollars de recettes douanières sont venus grossir les caisses du Trésor américain, portant le total pour 2025 à 264 milliards de dollars. Un record historique. À première vue, la politique commerciale de Donald Trump semble donc tenir ses promesses puisque jamais les droits de douane n’avaient rapporté autant aux États-Unis. Cependant, ils contribuent que partiellement à réduire le déficit commercial.

Donald Trump aurait-il inventé la courbe de Laffer des droits de douane ?

Car ce record annuel masque un tournant. Après un pic atteint en octobre à 31,35 milliards de dollars, les recettes douanières ont reculé deux mois de suite. Novembre avait déjà marqué un premier fléchissement, décembre confirme la tendance, avec une baisse de plus de 10% par rapport au sommet de l’automne. Un signal clair : même dopées par des niveaux de taxation inédits, les recettes ne progressent plus indéfiniment lorsque les volumes d’échanges ralentissent.

La contraction des échanges contribue à la baisse du déficit commercial

C’est là tout le cœur du sujet. Les droits de douane ne se contentent pas de générer des recettes, ils redessinent les flux commerciaux. Les derniers chiffres du département du Commerce montrent que le déficit commercial américain s’est réduit à 29,4 milliards de dollars en novembre, son plus bas niveau depuis 2009. Non pas parce que les exportations explosent, mais parce que les échanges globaux se contractent. Le shutdown de l’administration à l’automne a retardé la publication de ces données, mais le message est limpide : il y a moins de commerce entrant et sortant des États-Unis.

Cette dynamique est confirmée par les données logistiques. En 2025, les importations américaines en provenance de Chine ont chuté de 28%, tandis que les exportations vers la Chine ont reculé de 38%. Il s’agirait de l’une des plus fortes contractions bilatérales du commerce observées ces dernières décennies. Le commerce se stabilise, certes, mais à un niveau durablement plus bas.

Des recettes insuffisantes pour absorber une dette publique rampante

Pour autant, les recettes douanières restent brandies comme un argument politique central. Donald Trump continue d’affirmer que les tarifs font entrer « des centaines de milliards » dans les caisses de l’État, et qu’ils pourraient financer des pans entiers de la politique publique. Le décalage avec la réalité budgétaire est pourtant flagrant : sur les trois premiers mois de l’exercice fiscal, les États-Unis ont enregistré un déficit de 602 milliards de dollars, dont 145 milliards pour le seul mois de décembre. Des montants qui éclipsent largement les recettes issues des droits de douane.

L’exemple le plus frappant est sans doute la récente proposition d’augmenter le budget militaire de 500 milliards de dollars par an, présentée comme rendue possible grâce aux tarifs. À titre de comparaison, cette seule hausse représente plus du double de l’ensemble des recettes douanières collectées sur toute l’année 2025…

Et ce n’est pas fini…

Et la séquence n’est pas terminée. Les menaces de nouveaux droits de douane persistent, notamment à l’encontre des pays commerçant avec l’Iran, tandis qu’une décision très attendue de la Cour suprême pourrait rebattre les cartes juridiques du dispositif tarifaire. Dans le même temps, le reste du monde s’organise autrement : l’Union européenne vient de soutenir un accord de libre-échange majeur avec le Mercosur, illustrant un monde où les barrières s’élèvent d’un côté… et tombent de l’autre.

En définitive, les chiffres racontent une histoire plus complexe que le simple succès budgétaire. Les tarifs rapportent beaucoup, mais ils coûtent en volume, en fluidité et en intégration commerciale. Et c’est peut-être là que se joue l’enjeu macroéconomique de fond pour les années à venir.

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